Interview de LEX KORITNI (Hellfest 2012)

Lors du Hellfest, notre envoyé spécial, Stef, a pu rencontrer quelques groupes. Armé de son dictaphone, il s’est précipité pour interviewer les musiciens disponibles pour Ondes de Rock. Aujourd’hui, c’est Lex Koritni, fondateur du groupe du même nom qui s’y colle.
Salut Lex, alors est-ce que tu as aimé ce concert hier ?
LEX : Oui ça s’est bien passé même si on était un peu inquiet concernant la météo; au début tout le monde nous disait qu’il y aurait du soleil le samedi et une fois arrivé là, on se rend compte que le temps est encore plus pourri que la veille et je me dis « Putain, ça va être la merde! » et finalement le soleil est arrivé 10 mn avant qu’on commence et là j’ai su que ça allait être bon !
Le titre de ton dernier album s’appelle Welcome to the crossroad et fait référence à l’histoire de Robert Johnson, vous avez joué Sweet home Chicago hier, est-ce que le Blues est en train de devenir un élément de plus en plus important dans ta musique ?
LEX : Oh non, non, le Blues a toujours été important pour moi et si tu écoutes des titres comme Red light joint ou même Keep me breathing sur l’album Game of fools, il y a toujours cette vibe Blues. Donc ce n’est pas quelque chose qui devient de plus en plus important, c’est juste que peut-être les gens commencent à s’en rendre compte. Je veux dire il suffit de m’écouter chanter et putain, je dois toujours mes phrasés à Wilson Pickett et Little Richard. Donc peut-être qu’il y aura plus d’influences Blues sur le prochain cd, peut-être pas, on écrit juste des chansons et elles sonnent comme elles sortent.

© Jean-François Lescène
Vous passez beaucoup de temps en France avec le groupe, est-ce que c’est parce qu’Eddy (qui est Français) a le mal du pays ?
LEX : (rires) Non, en fait Eddy vit en Australie et c’est moi qui habite en France, c’est drôle on a fait un échange ! J’adore la France, je trouve que c’est un très beau pays; la cuisine, les gens, l’ambiance, tout est très cool.
Et comment est la scène musicale en Australie ?
LEX : Plutôt à chier…
C’est plutôt Kylie Minogue ou ambiance Rock’n'Roll ?
LEX : Ouais, les gens préfèrent aller en discothèque, la scène musicale est vraiment lamentable. En gros, seulement les gros groupes tournent, les petits groupes essaient souvent de tourner mais y perdent invariablement de l’argent, parce que c’est un grand pays, il faut faire de longues distances et ça revient cher. Du coup la scène Australienne n’est pas très intéressante, et les bons groupes passent plus de temps en Europe qu’en Australie.
Est-ce que tu penses qu’il y a une sorte de revival du son des 80′s, parce que je sais que vous avez pas mal d’influences de cette époque ainsi que des 70′s , du Rock’n'Roll originel et du Rhythm’n'Blues ? Est-ce que tu as l’impression que ça revient ?
LEX : Oui je pense que ça revient, en fait ça n’est jamais vraiment parti; je veux dire tout au long des 90′s et des années 2000, il y a toujours eu de bons nouveaux groupes de Classic-Rock’n'Roll. Un des groupes vraiment cool des années 2000 c’était Silvertide, ils étaient excellents. Mais oui, on dirait qu’il y a quelques groupes qui débarquent et qui ont plus de succès, comme Airbourne, The Answer également, les choses deviennent intéressantes, c’est bon de voir que les gens reviennent au bon vieux Rock’n'Roll.

Je crois que votre tournée s’achève à la fin du mois ?
LEX : On a encore un concert (en acoustique NLDR) à Paris en 1ere partie de Beth Hart à la Cigale, et après c’est fini, les gars rentrent en Australie.
Et qu’allez-vous faire ensuite ? Repos ou boulot sur le prochain album ?
LEX : Il n’y a jamais de répis, on a déjà fini la moitié du prochain album, j’ai également quelques idées pour un projet solo également, mais oui, là on doit finir d’enregistrer l’album, peut-être qu’il y aura un live à la fin de l’année, en dvd ou en cd, bref il y a toujours quelque chose sur le feu. Donc après la tournée, je vais continuer à écrire de nouvelles chansons et réfléchir à l’endroit où nous allons les enregistrer car pour le moment le batteur vit à Londres, je suis en France, Eddy & Matt sont en Australie.
Est-ce que vous avez déjà enregistré en France ?
LEX : Hmm non, tous les disques de Koritini ont été enregistrés en Australie, en fait le dernier album on l’a même enregistré dans ma maison en Australie, je l’ai produit moi même, ça a été un sacré travail. Seul notre tout tout 1er disque Green Dollar Colour fut enregistré en France.
LEX : c’est fort possible, il fait toujours du très bon boulot, on a souvent travaillé avec lui. Il a mixé pour nous sur cet album, ainsi que Dean Maher (Nickelback, Bryan Adams).
Qu’est-ce qu’il y a en ce moment dans ton I-pod ?
LEX : Je ne suis pas sur, je ne m’en sers plus tellement… en fait j’en avais un mais je ne sais plus où je l’ai mis !
En général, j’écoute pas mal de vieux trucs, il y a Little Richard que j’écoute constamment… Bon en fait, j’ai un peu honte de l’avouer mais récemment j’écoute souvent du Jean-Michel Jarre !

Les 1er albums sont pas mal !
LEX : Oxygene et Equinoxe sont vraiment excellents et ça me fait du bien d’écouter ça, surtout en tournée ou bien quand j’étais en train d’enregistrer et de produire le dernier album; à la fin de la journée je ne voulais plus entendre une seule grosse caisse, une caisse claire ou bien quoi que ce soit qui sonne comme un groupe de Rock. Donc oui, Equinoxe dans le putain de lecteur de cd, c’était bien cool !
Est-ce que tu penses que ça va t’influencer dans tes compositions ?
LEX : Oh non, le seul but c’est de me relaxer, donc on va pas finir par sonner comme fuckin’ Jean-Michel Jarre, ça c’est sur ! (rires!)
Quel a été le moment le plus embarrassant de ta carrière ?
LEX : Oh, il y en a eu un paquet, un sacré paquet… une fois en tournée, on arrive au club où l’on devait jouer et le taulier, qui avait attrapé un sanglier dans la matinée, était en train de l’égorger sur le bar. Il pose la tête du sanglier sur le bar, du sang et des boyaux dégouline partout sur le sol et là j’ai l’impression d’être en plein Massacre à la tronçonneuse. Puis le taulier nous annonce bien tranquillement que ce sera le diner ! Donc je me dis, OK pourquoi pas et puis j’adore les tripes. Mais ce n’est pas tout. Le concert devait commencer à 22H et vers 21h, toujours pas un chat, vraiment personne. Arrive 22h et toujours personne. Puis l’organisateur de la soirée arrive enfin et nous dit « Oh, je suis vraiment désolé les gars… en fait il y a plein de gens pour vous, mais ils sont au mauvais endroit ! » Il avait fait toute la promo, affichage et pubs radio comprises pour un club qui se trouvait à 5 heures de route. Et là je leur sors : »Et bien allons le bouffer ce putain de sanglier ! Mais d’abord jouons un peu de musique à sa mémoire! » (rires) En gros, on se serait cru dans « Spinal Tap » !!
Il y a eu aussi cette fois, au Lezard Festival, où il y a eu un problème de sono pendant un concert, il n’y avait plus que la batterie qui était reprise, on s’est donc lancé dans un solo de batterie impromptu. J’ai rejoins le batteur et on a commencé à jouer des rythmes tribaux pour que les gens tapent dans leur mains, c’était un peu bizarre… puis le son est revenu et le show a pu reprendre… Bref la vie en tournée est pleine de surprises !

Et le meilleur moment ?
LEX : Je ne sais pas, il y a eu beaucoup de bons moments, et c’est drôle à dire mais quand tout se passe bien et que ça roule comme sur des roulettes, il n’y a pas grand chose dont on se souvient. C’est comme si on te demandais, quel a été ton meilleur souvenir en allant au boulot, tu vas avoir du mal à répondre. Par contre, si on te demande quel a été le pire, tu diras que c’est le jour où tu t’es tapé un platane avec ta voiture. Les mauvais moments sont ceux dont on se souvient le plus, et c’est ceux dont on parle et on plaisante le plus avec les gars. Je me souviendrai surement du Hellfest, c’était un bon concert, mais ça n’a duré que 45 mn que l’on n’a pas vu passer, et je me souviendrai plus des pots que j’ai pris backstage qu’autre chose !
Quand allez-vous revenir en France ?
LEX : On va sans doute revenir en début d’année prochaine, peut-être quelque concerts à la fin de cette année vers octobre/novembre mais rien de confirmé encore.
Ok, les questions idiotes maintenant !
Si tu pouvais avoir un super-pouvoir, que choisirais-tu ?
LEX : De l’argent sans limite ! Pas besoin d’être fort ou de voir à travers les murs, je veux juste un super-pouvoir à la Bill Gates !
Qu’est-il arrivé à tes cheveux ?
LEX : Oh je sais pas, je crois que j’en avais marre ! Je ne suis pas Bart Simpson ou Angus Young qui n’a pas changé de look depuis 50 ans, je ne pense pas que je pourrais faire toujours la même chose. Aujourd’hui c’est court et c’est bien car il fait chaud !
Est-ce que tu as quelque chose à dire à tes fans ?
LEX : Merci d’avoir acheté l’album, merci d’être venu au concert, merci de m’avoir payé des coups, merci d’être aussi cool et si quelqu’un veut m’apporter un bon saucisson la prochaine fois, il sera le bienvenu, on le mangera ensemble.
Et du camembert !
Interview réalisée par Stef, chanteur et bassiste du groupe Ricky Dozen.

Photos de Jean-François Lescène







