Musique et politique : ça pique!

Il y a quelques jours, j’ai reçu une proposition d’inte pour le projet solo de Yossi Sassi, guitariste et co-fondateur d’Orphaned Land, et voici un extrait du speech promotionnel qui m’a poussé à écrire ces quelques lignes : « Dans Orphaned Land, le message est sans équivoque, là où la politique a échoué, la musique se montre victorieuse pour unir les peuples, en particulier au Moyen-Orient ».
L’air de rien ce mail m’a offert un prétexte pour pousser une gueulante trop longtemps muselée.
Ils commencent sérieusement à me gonfler ces artistes – tous genres et horizons confondus – qui nous martèlent les esgourdes avec leurs messages politiques. Lorsque j’écoute de la musique, je n’ai pas envie de me fader la redite du JT de 20h. Le 4ème Art c’est le vecteur d’univers fantasmés, la bulle libératrice du quotidien, un art sacré qui ne doit en aucune façon être parasité par une chose aussi triviale que la politique. A l’époque de la sortie de Variety, le regretté Fred Chichin s’était exprimé sur le sujet: «…Renaud et Manu Chao prennent la musique en otage pour faire du militantisme. La musique, c’est un paillasson sur lequel ils s’essuient les pieds ». Voilà qui résume parfaitement ma pensée ! J’aime Myrath mais ce n’est pas parce les loulous sont Tunisiens. Je m’en cogne comme de ma première chemise de savoir qu’Orphaned Land est Israélien, les types d’Audrey Horne sont Norvégiens et ce n’est pas pour cette raison que je suis sensible à leur son… La Musique appartient à tous, viscéralement, et ne fait donc par essence aucune distinction d’ordre ethnique, politique ou sociale. Les avis des uns et des autres, on s’en tamponne. Point barre.
LounaCama – Dinde sans teint.







Mais ça fait bien longtemps que les idéaux sont partis en fumée… malheureusement. Parler de politique via la musique ne me gêne aucunement, je trouve même que c’est un vecteur important de prise de conscience (auprès des jeunes par exemple).
A la fin des 60′s alors que le Flower Power explosait à Altamont, Crosby Stills & Nash ont contribué à cette prise de conscience : Long time gone sur l’assassinat de JFK et un peu plus tard avec Neil Young pour Ohio, violente charge anti Nixon suite aux échauffourées morteles entre étudiants et Garde Nationale. Je pense qu’à cette époque il y avait une vraie sincérité, une véritable envie de dénoncer.. Même si plus tard, bien plus tard, Stephen Stills déclarera que les stars du rock qui crient à la révolution l’ennuient profondément et qu’il faudra 40 ans à Neil Young pour comprendre qu’une chanson ne peut changer le monde…
Et qu’est ce qu’on a en France ? Rien… le désert total… Trust avait salement mis les pieds dans le plat et depuis c’est le vide intersidéral.
Je suis d’accord avec toi… A part Trust… Nada !
Pourtant, des artistes qui se réclament d’un mouvement politique ou d’une idéologie il y en a un paquet. Mais leur discours est tellement stéréotypé que ça en devient aussi chiant qu’une messe en latin : La guerre c’est mal, vive l’écologie, il faut prendre aux riches pour donner aux pauvres les racistes sont méchants et j’en passe et des meilleurs. Ce sont tous des nazes. Moi je serais même plus radical que Lounacama… Quand on n’a rien à dire on ferme sa gueule ! D’où mon soutien définitif à l’article ci-dessus / Defnael.