PIERRE LAPOINTE seul au piano et à Paris / 14-11-2011

novembre 21, 2011 0 Par admin

Lundi soir je me rendais au Café de la Danse pour mon premier show de Pierre Lapointe, venu de la belle province pour sa tournée Seul au piano.

J’ai maintes fois écouté ses 4 albums, jusqu’en assimiler ses textes fins, mélancoliques mais lucides, jusqu’à les fredonner presque gaiement. Habituée aux concerts foncièrement rock, je craignais que la configuration piano / voix soit quelque peu soporifique. J’ai au contraire l’impression de m’être éveillé dans un écho de sentiments parfaitement exprimés par la grâce d’une voix à la fois puissante et douce.

Sobre et élégant, le dandy annonce que, comme un Schtroumpf, un artiste doit avoir une identité marketing. Lui s’est étiqueté « artiste dépressif » et nous explique qu’il est bon de traiter le mal par le mal, que ça marche… ou pas…

Savamment distillées, ses interventions pince-sans-rire nous permettent de respirer un instant, mais c’est pour mieux nous replonger dans son spleen. Pierre Lapointe manie la langue française avec excellence et ses mots justes sur les maux de la vie résonnent comme une symphonie bouleversante sans jamais être  ni prétentieux ni mièvre. Un interlude musette avec Madame Emilie fait chaleureusement participer le public bien que le thème soit peu enjoué, la chanson mettant en scène l’histoire d’une hermaphrodite prostituée qui finit par trouver la mort. La reprise de Moi, Elsie de Richard Desjardins nous offre encore un très beau moment, Maman renvoie aux questionnements d’un jeune homme et, c’est acclamé par le public, que le québécois revient en ronchonnant, nous gratifier du tube Les uns contre les autres pour conclure sur Le bar des suicidés, reprit en choeur par le public décidément conquis.

On aimerait serrer Pierre Lapointe dans ses bras, le réconforter des vicissitudes de la vie, lui disant « que tout ira bien », mais son Art est si beau qu’égoïstement, nous nous en abstiendrons…

Lounacama – dinde en dépression