Le Rock et la Science Fiction

novembre 7, 2011 0 Par admin

Salut les vulcains,

Pour les fans de la série Star Trek, et de ses dérivés (The Next Generation, Deep Space Nine, Enterprise…), comme pour les amateurs de science fiction, c’est aujourd’hui l’occasion de retrouver le capitaine Kirk et son célèbre compagnon aux oreilles pointues, lors de leur voyage à bord de l’USS Enterprise. Léonard Nimoy, mondialement connu pour son rôle de Monsieur Spock, et William Shatner, le fringuant James T. Kirk, ont pris de la bouteille et quelques bourrelets… Mais que viennent faire ces joyeux lurons dans un blog consacré à la musique ? 

Tout simplement, c’est l’occasion de se pencher sur les relations singulières que la planète rock et la planète SF entretiennent depuis une quarantaine d’années.

Tout commence dans les années 60 quand les premiers contacts s’établissent entre les deux mondes. Il faut dire que les deux genres sont à leur apogée. C’est l’époque de la contre-culture et des grandes messes de rock en plein air et dans la boue, sur fond de guerre du Vietnam et d’exploration spatiale. 2001, l’Odyssée de l’espace cartonne au cinéma et Spock et Kirk sont déjà aux commandes de l’Enterprise. Le Doctor Who commence à faire le pitre à la télévision britannique et il pousse autant de romans de SF dans la littérature que de cheveux sur la tête des hippies. Bref, de Woodstock à la planète Krypton il n’y a qu’un pas, petit pour l’homme mais grand pour l’humanité, comme dirait l’autre.

Les rockeurs psychédéliques à pattes d’eph et chemises à fleurs de cette décennie marquante ont la tête dans le spoutnik (Jefferson Airplane , Grateful Dead, Jimmy Hendrix). Grands fans de SF, leurs préoccupations rejoignent souvent les thèmes prisés par ce genre littéraire : exploration spatiale, dangers de la pollution, menace du nucléaire…

C’est pourquoi, l’influence de la science-fiction sur les artistes de Rock‘n’Roll se retrouvent d’abord dans les textes : Thèmes et paroles des morceaux, titres piochés dans des romans, références directes à certains auteurs…

Citons Jimmy Hendrix, extraterrestre de la 6 cordes, dont le célébrissime Purple Haze est inspiré d’une histoire de Philip José Farmer, La Nuit de lumière.

 Côté musique, certains poussent le bouchon encore plus loin, en alliant aux mots un son résolument futuriste.

C’est particulièrement le cas de Pink Floyd dont plusieurs albums lorgnent ouvertement du côté dela SF à commencer par le premier, Piper at the gates of dawn et ses titres significatifs comme Astronomy Domine ou Interstellar Overdrive.

Sans oublier The Wall, tout à la fois opéra rock, comédie musicale et concept album, qui met en scène un personnage évoluant dans une société Orwellienne.

 

 L’influence se fait également sentir au niveau esthétique. Le glam rock avec ses extravagances vestimentaires kitcho futuristes en est la parfaite illustration. Figure de proue de ce mouvement, David Bowie, grand amateur de SF, mériterait un article à lui tout seul. Son œuvre est ponctuée de références aux extraterrestres et à l’exploration spatiale (Space Oddity, Ziggy Stardust, The Man Who Sold the World…). L’album Diamonds Dogs, sorti en 1974 est carrément un concept album autour du célèbre roman de George Orwell, 1984.

Dans The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars, sorti deux ans plus tôt, David Bowie incarne une star androgyne du futur ! Un rôle qu’il a pris le temps de rôder sur scène depuis 1970.

 Autre britannique amateur de SF, Jeff Lynne est aussi un grand fan des Beatles devant l’éternel. Dès 1971, il prend les commandes de son vaisseau spatial, le Electric Light Orchestra qui envoient ses missiles au son résolument futuriste pour l’époque, sur fond de mélodies accrocheuses, dignes des quatre de Liverpool.

En 1977, sort le chef d’œuvre du groupe, Out of the Blue, suivi d’une tournée mondiale, au cours de laquelle les musiciens arrivent sur scène en sortant d’un vaisseau spatial envoyant des rayons lasers !

Paru en 1981, Time est un concept album qui raconte l’histoire d’un homme emporté dans le futur par des voyageurs temporels.

 

 Dans une moindre mesure, certains groupes sont friands de l’imagerie SF qui se retrouve notamment sur les pochettes de disques. Inventeur du rock FM, Boston, le groupe de Tom Sholz, a sur tous ses albums montrés un goût prononcé pour les OVNIS. Le premier, sorti en 1976 et vendu à , est illustré de soucoupes volantes en forme de guitares. La grande classe !

 

 On l’a vu avec Pink Floyd, mais c’est également le cas avec Rush, Yes ou Emerson Lake & Palmer, le rock progressif puise allègrement dans la science-fiction.

Avec 2112, sorti en 1976, la bande à Geddy Lee, sous la houlette de Neil Peart, batteur et parolier de son état, imagine une société totalitaire où des prêtres ont banni toute forme d’art.

 Pourtant réputés plus musclés et virils et préférant les pantalons en cuir moulant aux combinaisons en aluminium, les hardos et les métalleux ne sont pas en reste. L’affiliation avec la fantasy, le fantastique et l’horreur se fait naturellement.

Black Sabbath, sous l’impulsion de son druide maléfique, Ozzy Osbourne, fait plutôt dans la magie noire.

De l’autre côté obscur de la force, Iron Maiden, les chefs de file dela NWOBH, puisent leur inspiration essentiellement dans l’horreur et la SF. Chez Bruce Dickinson et ses acolytes, les exemples sont nombreux. Citons, l’album Somewhere in Time, paru en 1986, dont l’atmosphère futuriste doit beaucoup au film Blade Runner, lui-même adapté d’un roman de Philip K. Dick.

De même, les membres de Metallica, plus réputés pour fréquenter les salles de muscu que les rayons des bibliothèques, ont sorti plusieurs morceaux clairement inspirés par HP Lovecraft.

 En matière de rock cosmique, les années 80 n’ont pas offert que du bon si l’on pense aux cosmonautes dépressifs dela New Wave, Joy Division en tête, qui ont aussi la tête dans les étoiles. Il faut dire que c’est l’époque de la grande confusion. Les batteries électroniques et les synthés Bontempi tendent à remplacer les guitares rutilantes et les fûts aux sons boisés dans le cœur d’une partie de la jeunesse. ET l’extraterrestre est l’ami des enfants et de Michael Jackson. Plus près de chez nous, les guignols du rock alternatif et les smurfeurs à casquettes façonnent l’univers parallèle peu réjouissant que constitue le paysage musical français.

Mais bon, c’est une autre histoire.

Plus récemment, Arjen Lucassen, le Rémy Bricka du heavy metal et du rock progressif,  a mis sur orbite le projet Ayreon, dont la dernière sortie dans la galaxie, 01011001, raconte la création de la espèce humaine par des extraterrestres. Les albums d’Ayreon, entièrement écrits par Lucassen et enregistrés avec le concours de nombreux artistes internationaux, sont de véritables opéras rock sur fonds de SF et de fantasy.

 

Enfin, pour boucler la boucle et arriver au bout de l‘anneau de saturne, précisons que, par effet boomerang, le rock a influencéla SF. Certains écrivains puisent leur inspiration dans cette musique (Norman Spinrad, Maurice G. Dantec …). D’autres sont aussi critiques de rock (Allan Bloom), voir eux-mêmes musiciens.

C’est le cas de Michael Moorcok, l’auteur d’Elric le Necromancien. Guitariste dans plusieurs formations, la plus connu étant le groupe de hard rock Hawkwind, on lui doit l’écriture de certains morceaux de Blue Oyster Cult, les hard rockeurs New Yorkais, eux-mêmes très branchés SF.

Le plus réussi est sans aucun doute l’ensorcellent Veterans of the Psychic Wars, que l’on retrouve aussi sur la bande son de Metal Hurlant, film d’animation SF dans lequel on peut entendre moult groupes de hard rock et de heavy metal : Sammy Hagar, Cheap Trick, Black Sabbath, Nazareth et même Trust !

 

 Salutations cosmiques !

 

Alan pour Ondes de Rock