Les rockeurs juifs nazis

novembre 3, 2009 0 Par admin

Salut les Yiddish !

Aujourd’hui dans la culture populaire française, il est de bon ton de considérer Israël et les Américains comme responsables de tous nos maux. La guerre israélo-palestinienne qui se joue à l’autre bout de la terre semble affecter directement notre économie et notre politique intérieur. Les méchants Amerloques qui soutiennent l’état juif et, en réalité, manipulent notre espèce grâce au Nouvel Ordre Mondial et autres Illuminatis (Evidemment !), nous font oublier qu’à nos pieds, la pauvreté s’installe et la pensée unique orchestrée par les médias, nous abreuve de discours qui divisent le peuple. Les médias aiment utiliser ce vieux fantasme de monde totalitaire ou l’homme s’autodisciplinerait sous la contrainte.

Personnellement, je fais parti des 1,1 milliard d’humains sans religion. Après les chrétiens et les musulmans, nous sommes les plus nombreux et pourtant, nous acceptons depuis des millénaires de subir les lois et les guerres que provoquent ces croyances. La pensée, l’esprit ou l’âme (à vous de choisir), en tout cas, la spiritualité doit rester libre. L’enfermer dans un système dogmatique ne peut que ralentir ou bloquer notre évolution. Cette démarche intellectuelle se répercute dans les sciences et la recherche et bafoue le principe de libre-arbitre que la nature (ou Dieu) nous a donné. Je ne suis contre personne, mais n’ai aucune envie que l’on m’impose une société dans laquelle les femmes sont voilées, je doive aller à l’église tous les dimanches où n’ai pas le droit d’utiliser d’électricité le samedi. Je veux avoir le droit de penser que nous sommes le résultat d’une modification génétique pratiquée par une civilisation extraterrestre, que le Darwinisme est un concept discutable ou que notre existence matérielle reste subjective, car, imposé par notre perception qui se limite à nos facultés sensorielles. Tout cela pour dire que chacun peut interpréter une information ou détourner des propos en utilisant une symbolique se référant à l’histoire ou à sa culture. C’est là toute la force des médias.

Pour parler plus concrètement, quand un rappeur se sent outragé et qu’il utilise comme argument le racisme contre sa musique, il créer lui-même un paradoxe dans lequel il s’enferme. Il défend sa crémerie et se pose en détenteur d’une pensée qui frôle le totalitarisme intellectuel. Ce discours, relayé par les médias, prend peu à peu le pas sur l’objectivité en donnant de la crédibilité à des gens ou des idées qui n’en auraient pas forcément.

À une autre époque, on a entendu le discours de certains qui traitaient des groupes comme Kiss de nazis à cause du « SS » écrit à la manière de la Schutzstaffel (organisation assurant la protection rapprochée d’Adolphe Hitler). Hors, il se trouve que les deux principaux membres de Kiss, Paul Stanley (Stanley Eisen) et surtout Gene Simmons (Chaim Witz) sont juifs et, pour le deuxième, né en Israël.

Continuons la liste avec les excellents Blue Öyster Cult pour lesquels la presse de l’époque a tenu les mêmes propos notamment à cause de leur logo qu’elle associait à une croix gammée et certains textes traitant de la Seconde Guerre mondiale (ME262). Pourtant, plusieurs membres du groupe (dont le chanteur leader Éric Bloom) sont juifs.

Enfin, pour terminer, Geddy Lee (Gary Weinrib) le bassiste chanteur du célèbre groupe RUSH, vient de donner une interview au magazine juif Heeb, ou il explique que sa mère, est rescapée des camps d’Auschwitz et Bergen-Belsen. Mais on se souvient qu’à ses débuts, le groupe fut taxé d’extrémiste lui aussi à cause de son logo et de ses textes de politique-fiction inspirés par la philosophe Ayn Rand prônant le rationalisme et l’objectivisme et défendant l’idée que l’homme doit se battre contre la société pour obtenir sa liberté individuelle.

Tout cela pour dire qu’il faut savoir faire amende honorable et ne pas trop rapidement cracher dans la soupe. Agiter systématiquement le drapeau du sionisme ou s’indigner contre une guerre qui ne nous concerne que de très loin, lancer du « raciste ! » à tout va, s’indigner d’une colonisation d’une autre époque ou prendre un discours médiatique comme argent comptant, c’est vivre ailleurs et dans le passé. Le présent nous offre l’opportunité de construire un avenir ensemble et donne à notre espèce la possibilité de se prendre en main en gardant l’esprit ouvert.

Defnael pour Ondes de Rock